Lilian Klein en compagnie de Jean-Claude Simon et Charles Finel

Mi-Août 42, après avoir participé à un grand camp d’éclaireuses dans les Alpes, je me dirigeais vers le Limousin pour participer à un camp de formation de cheftaines. Lors d’une halte à Vichy j’y avais rencontré Robert Gamzon, bien connu aussi sous le nom de Castor son totem scout, fondateur en 1923 du Mouvement des  Éclaireurs Israélites de France, les E.I.F..  Il m’avait demandé quels étaient mes projets immédiats. Je l’en avais informé. Non, m’avait-il dit, renonce à ce camp et va à Moissac, là on t’expliquera. À Moissac se trouvait une maison d’enfants créée avant la guerre déjà par les E.I.F.,  dirigée par Edouard dit Bouli et Shatta Simon, dans le but d’’y accueillir des enfants de familles juives récemment immigrées, En bonne scoute  je lui avais obéi.
Je reste depuis lors toujours en contact étroit avec les E.I.F. C’est dans ce cadre que je me lie avec de nouveaux et nouvelles amies et c’’est avec certaines d’’entre elles, qu’’au début des années 60, je m’’investis très activement dans la vie associative. Nous créons en 1965 une association de bénévoles, la Coopération Féminine, dont l’’objectif est d’’agir au profit de nos coreligionnaires en difficultés diverses et de tout âge, rescapés de la Shoah notamment, et, dès 1962 en faveur de l’’arrivée massive des Juifs d’Afrique du Nord.
En 1991 une association d’’enfants cachés fut envisagée et une première  rencontre eu lieu dans les locaux des Éclaireurs Israélites de France 27, avenue de Ségur, tandis que nos statuts avaient été  déposés en Préfecture en 1991. Des groupes de paroles, animés bénévolement par des amis qualifiés, avaient rapidement été créés.
C’’est avec beaucoup de regrets que, faute de relève, nous avons dû mettre fin aux activités de cette belle association  à l’’été 2006, tandis que nos archives avaient été déposées au Mémorial de la Shoah où il est possible de les consulter.
Il aurait été impossible de sauver autant d’’enfants si la France profonde ne s’’était pas montrée aussi compréhensive.

60 000 enfants sur 72 000 ont en effet été sauvés