Le Vel d’hiv dans nos mémoires

Ce dimanche 16 juillet 2023, Jean-Claude Simon, pour l’association Moissac ville de Justes oubliée, a déposé une gerbe sous la plaque commérant l’action des Justes de Moissac. Les 16 et 17 juillet 1942, l’Etat français a ordonné l’arrestation de milliers de juifs parisiens qui ont ensuite péri dans les camps de la mort.
La mémoire des horreurs qu’un état peut faire subir à ses propres citoyens au nom d’une idéologie construite par la haine des uns et protégée par l’indifférence des autres doit perdurer par delà les siècles. La rafle du Vel d’hiv en est le symbole.

Merci à celles et ceux qui ont assisté à cette cérémonie en souvenir des enfants, des femmes et des hommes emmenés et tués comme du bétail parce qu’ils étaient juifs.

Marcel Marceau aurait eu 100 ans cette année

Marcel Marceau est le pseudonyme de Marcel Mangel, fils d’un boucher strasbourgeois. Son père lui fait découvrir l’opéra et sa mère la lecture. Quand l’Alsace est envahie par les nazis, la famille Mangel se réfugie dans la Sud-Ouest où Marcel se trouve en contact avec des personnes qui cachent des enfants juifs, certaines d’entre elles seront nommées Justes parmi les Nations. Ses talents d’acteur lui permettent d’aider ces enfants à dédramatiser la situation et à supporter la pression et l’angoisse des rafles et des arrestations. Marcel deviendra un membre très actif des réseaux de résistance juive et il permettra à des centaines d’enfants de se réfugier en Suisse. Marceau est son nom de résistant qu’il gardera ensuite et transmettra à ses enfants. Il s’est ensuite engagé dans l’armée de la Libération et, devenu mime, il deviendra un des Français les plus connus au monde, ami de Charles Chaplin et admiré par Mickael Jackson entre autres.

Il mourut en 2007 et aurait eu 100 ans cette année. C’est à cette occasion que Camille et Aurélia, ses filles, ont fait publier les mémoires de jeunesse de Marcel sous le titre « Historie de ma vie de 1923 à 1952 ». Les éditions Actes Sud en ont fait un magnifique livre enrichi de photos et d’images pour la plupart inédites. Déjà en 2020, un film très hollywoodien avait étét consacré à son action de résistant, sorti en France sous lé titre « Résistance », et cette année, Maurizius Staerkle Drux a réalisé le très beau documentaire « l’art du silence » dans lequel il donne la parole à sa famille et ses élèves qui évoquent l’homme et le génie de la scène. Il restera dans les mémoires comme celui qui a inventé un langage universel d’espoir et de poésie.

Marceau est souvent passé par la Maison de Moissac. Il y a séjourné aussi.

Grâce à des femmes et hommes comme lui, comme notre ami Roger Fichtenberg, des milliers d’enfants juifs ont pu échapper à la mort.

Un nouveau livre de Jean-Claude Grumberg

Jean-Claude Grumberg, dont l’œuvre, notamment théâtrale, est traduite et jouée dans le monde entier, publie un nouveau livre De Pitchik à Pitchouk. Après La plus précieuse des marchandises, il nous offre aujourd’hui un nouveau conte pour adultes et… enfants.

Il y a 80 ans, la rafle du Vel d’Hiv

Les 16 et 17 juillet 1942, les occupants nazis, avec la complicité de l’Etat français de Philippe Pétain, ont arrêtés 12000 juifs à Paris et sa banlieue. 8000 ont été parqués au Vélodrome d’Hiver avant d’être déportés vers les camps de la mort. La moitié était des enfants. A la Libération, il n’y aura que 800 rescapés.

Ce 17 juillet 2022 a été l’occasion à Moissac de rappeler que les 500 enfants juifs sauvés entre 1939 et 1944 auraient dû se trouver au Vel d’Hiv. La plaque déjà visible place Shatta et Bouli Simon a été également apposée sur le mur de l’esplanade des Justes parmi les Nations, à proximité de celle rappelant l’action des 10 moissagais reconnus Justes parmi les nations. Cette plaque a été dévoilée par Chantal Mauchet, préfète de Tarn-et-Garonne, Romain Lopez, maire de Moissac et Jean-Claude Simon pour l’association Moissac ville de Justes oubliée. Albert Perelman, enfant juif sauvé à Moissac, et Jean-Yves Laneurie, sauvé à Montauban, étaient présents pour cette cérémonie.

Le sous-préfet de Castalsarrasin, Arnaud Sorge, la députée Marine Hamelet, la vice-présidente du conseil régional d’Occitanie, Marie Castro, des représentants des Anciens combattants et déportés étaient également présents. Plus tôt dans la matinée, Jean-Claude Simon, Albert Perelman et Jean-Yves Laneurie avaient assisté à la cérémonie de Montauban présidée par la préfète.

Discours de Jean-Claude Simon

 C’est avec une grande émotion que je participe au dévoilement de cette plaque, copie exacte de celle apposée Place Shatta et Bouli Simon, mes parents, en 1982 devant une centaine d’anciens enfants de la Maison de Moissac venus du monde entier.

Malheureusement la situation de cette plaque, derrière un parking, la masque aux yeux du public et de visiteurs ainsi que des familles des Anciens de Moissac qui viennent sur les pas de leurs parents qui furent hébergés au 18 quai du Port lieu de jeux et de tranquillité et qui semblait à l’époque convenir à ce témoignage de notre gratitude.

Ce texte auquel nous n’avons rien changé, situé au pied du Moulin, lieu également historique pour nous, qui nous a accueilli de 1945 à 1951 traduit tout à fait ce que tous nous ressentons vis-à-vis de cette ville et de sa population.

En ce jour anniversaire funeste de la rafle du vel d’hiv cette plaque nous rappelle ce que nous devons à cette ville de Moissac car sur les cinq cents enfants qui passèrent ici aucun ne fut pris.

Nous étions prévenus de l’imminence d’une rafle par les fonctionnaires de la Mairie, Monsieur DARRAC, Madame RELLOUS, ce qui permettait de vider rapidement la maison. Ainsi nous partions camper dans la campagne de l’autre coté du Pont Napoléon. Parfois certains gendarmes de la ville nous avertissaient d’une probable visite des allemands ou de la milice. Nous partions encore.

Cette plaque sera maintenant plus accessible aux visiteurs, aux commémorations du souvenir et aux hommages aux moissagais qui outre leur silence nous ont prêté leurs noms, leurs identités et nous ont caché au risque de leur vie.

La grandeur des Moissagais fut leur silence modeste qui perdure jusqu’à aujourd’hui.

A côté des « Justes parmi les Nations » ce texte rappellera à tous les passants l’importance, la grandeur de cette ville dans le sauvetage de ces enfants dans la sérénité le calme et la confiance.

Monsieur le Maire croyez que toute notre reconnaissance ira vers cette ville jusqu’au dernier des Enfants de la Maison de Moissac et cette plaque rappellera après nous le souvenir d’une population Française qui sut prendre des risques pour sauver des enfants juifs menacés.

Les lycéens de Moissac mis à l’honneur à la sous-préfecture

Des élèves de terminale du lycée François Mitterrand de Moissac ont été reçus à la sous-préfecture par la préfète de Tarn-et-Garonne avec leurs professeurs pour mettre en lumière leur travail sur le sauvetage des enfants juifs en Tarn-et-Garonne.

IUn parcours mémoriel sera mis en place à Montauban et à Moissac pour marquer les lieux les plus significatifs de la Résistance et du sauvetage des juifs de la Shoah. Une application num »risque permettra de comprendre et préparer ce parcours mémoriel et elle sera accessible à tous. Cette réalisation a reçu le prix de l’initiative mémorielle par l’association nationale des membres de l’Ordre National du Mérite.

Lire l’article détaillé de la Dépêche du Midi.

La Maison de Moissac au Yad Vashem de Washington

Le Mémorial pour Yad Vashem de Washington a envoyé sa correspondante à Bruxelles pour réaliser une interview de Jean-Claude Simon. Il décrit la vie des enfants juifs réfugiés à Moissac, el a parlé de celles et ceux qui y ont été sauvés et a évoqué la mémoire et l’œuvre de ses parents, Shatte et Bouli Simon. Il a également remis un exemplaire du DVD du film » Respiration » de Estelle Hemmami et Jean-Luc Becquaert qui donne la parole à quinze des enfants sauvés à Moissac.

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