La fondazione Villa Emma à Nonantola

Au cours du voyage mémoriel qui les a conduit d’Izeux à Moissac en passant par la visite du Chambon-sur-Lignon Maria Bacchi et Nella Roveri ont rencontré Jean Claude Simon. Ils ont évoqué des souvenirs et ont pris conscience que l’Italie a eu une maison, la villa Emma, dont le rôle a été pratiquement identique à celui de Moissac dans leur soucis de protection des enfants juifs lors de la guerre.

Une visite des lieux importants dans la mémoire juive de Moissac les a menés de la Place Shatta et Bouli Simon à l’Esplanade des Justes parmi les Nations ou elles ont montré un grand intérêt pour les 10 Justes moissagais.

Toutes deux ont été fort étonnées qu’aucun lieu à Moissac n’accueille le public pour l’informer de l’action menée pendant l’occupation nazie pour sauver les enfants juifs, et relaie ainsi le message d’espoir que porte la Maison des Enfants.

Fondazione Villa Emma.
Via San Rocco,19/a
41015 Nonantola (MO)
tel/fax 059 547195

segreteria@fondazionevillaemma.org
www.fondazionevillaemma.org

Présentation du livre « Résistances juives » à Moissac

L’historien François Boulet accompagne l’association depuis de nombreuses années. Cette fois encore il était avec nous pour participer à la présentation du livre « résistances juives »qui reprend les actes du colloque « Des villes et des Justes » que nous avions organisé il y a deux ans.

70 personnes avaient répondu à notre invitation, dont le maire de Moissac, Jean-Michel Henryot, son prédécesseur, Jean-Paul Nunzi, et le président de la communauté de communes Terres de Confluences, Benard Garguy.
François Boulet a établi un lien juste et subtil entre le Moissac de l’occupation nazie et celui d’aujourd’hui dans lequel les questions d’immigration se posent toujours. En rappelant la déclaration de Roger Delthil qui, en 1939, appelait les Moissagais à accueillir les flots de migrants pour ainsi rendre au monde ce que la solidarité du monde avait donné à Moissac après l’inondation de 1930, François Boulet a émis l’hypothèse que le fait fondateur du Moissac moderne c’est justement la catastrophe de l’inondation qui a forcé la ville à s’ouvrir au monde. Selon lui, sans cette lecture du passé récent, il est impossible de comprendre les tensions et les mouvements qui s’exercent aujourd’hui dans Moissac.

Une jeune fille de 18 ans peut-elle devenir une icône de la résistance ? La question s’est posée lors de la rencontre de Moissac, en mai 2016, ont la présente publication est le prolongement. Les participants ont réfléchi ensemble aux formes de résistance qui, en des lieux emblématiques de la métropole française, dont réussi à soustraire des adultes et enfants juifs à l’anéantissement entre 1940 et 1944.

Dans les trois lieux d’étude retenus (La Chambon-Sur-Lignon, Dieulefit et Moissac), peut-on avancer l’idée que la résistance armée joue un rôle dans le sauvetage ? A partir de situations concrètes et de témoignages précis, comment évaluer la place des personnalités et organisations juives dans le sauvetage des juifs ?

Cet ouvrage où se rencontrent études, témoignages, échanges, est le fruit d’un partenariat entre l’association Moissac ville de Justes oubliée et Réseau Mémorha.

François Boulet a participé à ce livre dont la coordination éditoriale a été assurée par Bernard Delpal et Philippe Hanus.

Voir les articles que la Dépêche du Midi a consacré à cette présentation.

Nous remercions chaleureusement Emmanuelle Gau, directrice de l’office de tourisme intercommunal Moissac Terres de Confluences qui a rendu possible l’organisation de cette présentation.

Il est possible de se le procurer pour la somme de 25€ (hors frais de port) en s’adressant à l’association.

Une plaque pour 10 Justes à Moissac

La mardi 8 mai 2018 à l’occasion de la célébration du 8 mai, une nouvelle plaque a été dévoilée sur l’esplanade des Justes parmi les Nations à Moissac. Jusqu’ici 4 des 10 Justes de Moissac étaient présents sur cette plaque, il fallait donc ajouter les noms des 6 personnes honorées ces dernières années.

C’est en présence de Sylvia Pinel, députée et ancienne ministre, Céline Platel sous-préfète, Maryse Beaulu, représentant le président du Conseil départemental, que Jean-Michel Henryot, maire de Moissac et Jean-Claude Simon ont révélé cette plaque.
Les enfants et petits enfants de Pierre et Alida, Renée et Henri-Elie Bourel, nommés en 2016, étaient également présents.
Des enfants des écoles Pierre Chabrier et Sante-Famille ont participé à la cérémonie par des textes et l’interprétation du Chant des Partisans.

Voici le texte du discours prononcé par Jean-Claude Simon :

Madame la Ministre
Madame la Sous-Préfète
Monsieur le Maire
Mesdames et Messieurs les Conseillers Municipaux.
Chers Amis.
Chère famille Bourel

La plaque que nous inaugurons ce jour rétablit une injustice vis-à-vis des Justes parmi les Nations moissagais. En effet si le nom de ces six nouveaux Justes parmi les Nations sont inscrits sur le mur des Justes de Yad Vachem à Jérusalem, également sur celui des Justes à Paris rue des Justes, ils étaient absents sur la plaque à Moissac lieu de leur action inoubliable.

La réparation de cette injustice s’impose à nous d’autant plus que renait dans notre pays la France un antisémitisme de plus en plus violent et où l’on dénombre ces dernières années onze morts (hommes, femmes, enfants, vieillards) uniquement parce qu’ils étaient juifs. Il y a quelques années au cœur de Paris a retentit un slogan que je croyais à jamais éteint « mort aux juifs »

Il a fallu qu’une pétition récente de plus de trois cents intellectuels français révèle cet antisémitisme nouveau et mortifère.

Je ne peux m’empêcher de me rappeler, après l’assassinat des enfants juifs à Toulouse, du coup de fil de cette vieille dame à l’accent rocailleux aveyronnais, me disant : « J’ai caché des enfants juifs pendant la guerre je le referais ne m’oubliez pas » Je lui dis que cet assassinat était un phénomène isolé, elle me répondit Non. Elle avait raison, j’avais tort.

Donc il me parait, dans ce moment que la reconnaissance des Justes parmi les Nations, qui pendant la guerre nous ont sauvés soit indispensable et nous rappelle que dans mon pays la France la persécution des juifs se manifeste à nouveau sous une forme que je n’aurai jamais imaginée.

Rappelons donc avec force devant cette plaque, votre action à vous moissagais ainsi qu’à vos familles, qui se sont opposés à la mise à mort de nous, enfants juifs.

Par cette cérémonie, par cette plaque, nous vous remercions pour votre action à jamais inoubliable.

La famille Fainzang à Lizac

Comme chaque année en cette fin avril, la famille Fainzang vient à Lizac honorer les générations disparues et se rappeler grâce à qui ceux qui sont là aujourd’hui ont pu échapper à l’extermination.

Au début de la guerre la famille Fainzang est arrivée à Lizac venant de Belgique. Là elle trouve repos et protection jusqu’au jour malheureux ou les parents et un des garçons sont arrêtés. Les autres enfants trouveront refuge à la Maison de Moissac. Seul le fils reviendra du camp.
Depuis de nombreuses années la famille Fainzang, aidée et soutenue par la municipalité de Lizac, a fait ériger un mausolée devant lequel toute la famille vient se recueillir le jour du Souvenir  National de la Déportation .

Le fils de Suzette Fainzang, vit en Israël sur le Golan. Tous les ans lui et sa famille viennent fidèlement en France pour honorer le souvenir de ses grands-parents et prier devant le mausolée.

Monsieur Garguy, Maire de Lizac accueille chaque année la famille Fainzang et les amis qui se réunissent à Lizac. Cette année le temps était si mauvais que la cérémonie et les discours ont eu lieu à l’intérieur de la  Mairie de Lizac.

Conférence de François Boulet le 21 avril au Chambon-Sur-Lignon

Notre ami François Boulet sera au Chambon-Sur-Lignon le 21 avril à 18h pour une conférence intitulée Pierre Piton 1942 – 1943 : de la montagne-refuge à la montagne-macquis.

Pierre Piton est décédé en 2000. Il est Juste parmi les nations, passeur des Juifs réfugiés de la Montagne à la Suisse à l’âge de 16-17 ans, via le réseau de Mireille Philip, second du maquis sur la Montagne puis instructeur saboteur dans les Cévennes.

L’entrée sera gratuite et ce sera au lieu de mémoire du Chambon.