Patrick Deville évoque la maison de Moissac

Taba-Taba est un curieux livre. Roman, fresque historique, récit de voyage, recueil de pensées… c’est un peu tout ça en même temps ou tour à tour. Un chapitre est consacré à Moissac, il y parle de la maison du quai du vieux port, il évoque la mémoire de Jean Hirch et se recueille place Shatta et Bouli Simon…

A lire pour cette halte dans l’espace et le temps…

Patrick Deville
Taba-Taba
Seuil

Vivre ensemble à Moissac : quels enjeux pour la laïcité

Anne Bénédicte DANON travaille sur la ville de Moissac. Nous avons eu le plaisir de la rencontrer pour lui raconter l’histoire de la « Maison de Moissac » entre 1939 et 1945 et le travail entrepris par l’association afin que ne s’oublie pas le passé.

« J’entreprends ces recherches au sein du Diplôme d’Université Politique, Religion, Laïcité dirigé par Mme Corinne Bonnet. Ce diplôme est organisé, à Toulouse, conjointement par l’Université Jean-Jaurès et Science-Po .
Je participe à cette formation continue en tant qu’administratrice d’établissements culturels. J’ai été, ces dernières années, Directrice administrative de l’Abbaye-école/ Musée Dom Robert, à Sorèze dans le sud du Tarn.

Mon mémoire porte sur « Vivre-ensemble à Moissac : quels enjeux pour la laïcité ». Ce travail cherche à retracer l’histoire des différents flux d’immigration qui ont constitué la diversité culturelle de la population de Moissac. A travers différents entretiens, il questionne le vivre-ensemble dans la ville et interroge le respect du principe de laïcité dans les services publics et plus globalement son rôle comme vecteur de cohésion social.

Dans ce mémoire, il sera évoqué la Maison des enfants juifs, mais aussi les deux colloques de 2013 et 2016. Il sera important de rappeler cette histoire de Moissac mais aussi le travail de mémoire entrepris par votre association. Comme nous avions pu l’évoquer ensemble, la Maison des enfants juifs, est maintenant un symbole qui montre qu’une entente est possible entre différentes communautés. Avec un vivre-ensemble à Moissac qui est questionné par toute la diversité de la population qui le compose, ce symbole est d’autant plus intéressant à mettre en regard avec la vie de la ville aujourd’hui. »

Message de Heide Marie Voigt

Heide Marie Voigt nous a dressé ce message en allemand. En voici la traduction.

Entre 1939 et 1943 Shatta et Bouli Simon ont dirigé à Moissac une maison dans laquelle 80 ou 120, ou peut-être davantage d’enfants et d’adolescents ont vécu. Ils n’étaient pas accompagnés de leurs parents dont ils savaient qu’ils étaient dans des camps ou dont parfois ils n’avaient même aucune nouvelle…

En 1942 commencent les premières rafles et tous ces jeunes doivent alors se réfugier dans d’autres lieux.

Tous les enfants sont cachés sous de fausses identités.

« Quoi qu’il puisse arriver, vous ne serez jamais seuls, nous vous donnons rendez-vous le premier shabbat qui suivra la Libération… et gare à celui qui arrivera en retard au premier service ! », leur dira Bouli lors du dernier vendredi passé avec eux.

En septembre 1944ils arrivent tous, en bus, en train, en voiture, en stop ! AUCUN ENFANT ne manque.

C’est en 2016, sur le chemin de Compostelle que j’ai appris l’existence de cette histoire. Histoire aujourd’hui encore d’actualité car l’action et le message de Shatta et Bouli sont exemplaires et sont un modèle pour tous.

Heide Matie Voigt participe à des rencontres à des rencontres organisées dans le cadre du programme à la mémoire des victimes du nazisme. Elle y apporte ce témoignage.

La maison du quai du vieux port, jalon de l’histoire de Moissac

Moissac est classée « Ville d’art et d’histoire ». A ce titre, elle met en valeur les lieux et monuments qui ont marqué son histoire. Récemment ce panneau est apparu place Shatta et Bouli Simon (nom actuel du quai du vieux port). Il marque définitivement l’importance de l’œuvre de Shatta et Bouli à Moissac et la volonté de rappeler l’exceptionnel message d’avenir envoyé par la Maison des enfants juifs.

Conférences de François Boulet en juillet

Notre ami François Boulet donnera trois conférences les 12 et 13 juillet. A ceux qui passent par là, nous ne pouvons que conseiller d’y assister.

Histoire de la Réforme dans le Trièves et le Dauphiné, temple de Mens, mercredi 12 juillet, 18 heures ;
Histoire des montagnes-refuges, musée du Trièves à Mens,  jeudi 13 juillet, 17 heures;
Le maquis de Tréminis, salle des fêtes à Tréminis, jeudi 13 juillet, 20h30.

La Maison de Moissac au concours national de la Résistance et de la Déportation

20 élèves des classes de première du lycée François Mitterrand ont participé au concours national de la Résistance et de la Déportation. Il sont issus de chaque section, littéraire, scientifique, économique, sociale ou sanitaire. Ensemble ils ont obtenu le deuxième prix départemental pour un travail collectif.
Le thème de cette année était « la négation de l’homme dans l’univers concentrationnaire nazi ». Ils ont choisi de réaliser une maquette de la maison du 18 quai du Vieux port, et d’y glisser des notes retraçant le parcours de celles et ceux qui y avaient été sauvés et qu’ils avaient pu contacter et questionner. Ce projet était encadré par Véronique Marcorelle, professeur documentaliste, et Alexis Sempé, professeur d’histoire.
C’est un bel hommage que rendent ces jeunes à l’œuvre de Bouli, Shatta, et tous ceux qui sont restés dans l’ombre à leurs cotés.
Par ailleurs, un autre élève du lycée François Mitterrand, Marius Hutinet a obtenu le premier prix individuel pour la rédaction d’un texte sur les maquis.

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